Lors de l’European E-Invoicing Exchange Summit, qui se tiendra à Berlin le 2 octobre, Mathieu Pasture, Product Owner chez Dokapi, animera une table ronde consacrée à ce sujet.
Depuis près de 50 ans, l’EDI constitue l’épine dorsale des échanges de documents B2B et s’est déjà réinventé à plusieurs reprises au fil du temps. Aujourd’hui, il fait face à ce qui pourrait bien être sa transformation la plus importante à ce jour. Longtemps considéré comme un canal de niche dédié à la facturation électronique, Peppol se repositionne progressivement comme la couche d’interopérabilité pour les achats, la logistique et la finance à travers l’Europe. Voici un aperçu des questions que nous mettrons sur la table.
Peppol réduit la nécessité de mettre en place des connexions bilatérales, des formats propriétaires et des processus coûteux d’intégration des partenaires. À mesure que la connectivité standardisée se généralise, les modèles EDI traditionnels devront évoluer : il ne s’agira plus de gérer des connexions individuelles point à point, mais de fournir des services d’interopérabilité capables de passer à l’échelle.
À mesure que Peppol s’étend aux commandes, catalogues, avis d’expédition, messages de statut et autres processus de la chaîne d’approvisionnement, il ne peut plus être considéré comme une simple fonctionnalité de comptabilité ou de facturation.
Les organisations devraient de plus en plus envisager Peppol comme une infrastructure d’intégration partagée au service de la finance, des achats, de la logistique, de la supply chain et d’autres fonctions de l’entreprise, et non comme un simple poste relevant exclusivement de l’équipe finance.
La facturation électronique est peut-être aujourd’hui le principal moteur de son adoption, mais Peppol est fondamentalement un cadre générique d’interopérabilité.
Son potentiel s’étend à l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, depuis les achats et la commande jusqu’à la logistique et la facturation. Concevoir une architecture Peppol uniquement autour des factures risque de créer des limitations lorsque les organisations souhaiteront l'étendre aux processus plus larges de la chaîne d’approvisionnement.
Peppol doit être considéré comme un élément d’une stratégie de digitalisation plus large, et non comme une solution isolée.
Il peut compléter l’EDI existant en fournissant une connectivité standardisée là où une intégration bilatérale n’est pas nécessaire, tandis que des technologies telles que l’OCR continuent de numériser les documents provenant de partenaires qui ne sont pas encore structurés ou connectés.
La véritable question n’est pas de savoir quelle technologie va l’emporter, mais plutôt comment les organisations peuvent combiner Peppol, l’EDI, l’OCR et les API au sein d’une stratégie numérique cohérente, au lieu de les considérer comme des options concurrentes.
Peppol standardise la manière dont les participants se découvrent mutuellement, échangent des documents et valident des formats convenus, mais il ne standardise pas l’ensemble des processus métier internes.
Cela soulève une question importante : où doivent commencer et s’arrêter les responsabilités respectives du réseau Peppol, du prestataire de services, de l’éditeur de l’ERP et de l’organisation utilisatrice finale ?
Plutôt que de voir chaque éditeur d’ERP ou de logiciel comptable développer et maintenir sa propre connectivité Peppol, les capacités d’Access Point sont de plus en plus consommées comme une infrastructure mutualisée.
Cela permet aux éditeurs de logiciels de se concentrer sur les fonctionnalités métier, tandis que des prestataires spécialisés prennent en charge la connectivité, la conformité, le routage et l’évolution du réseau.
Les implémentations Peppol reproduisent parfois la complexité de l’EDI traditionnel : mappings personnalisés, règles de routage, intégration bilatérale des partenaires… exactement comme auparavant.
La véritable opportunité consiste à repenser entièrement ce modèle : standardiser partout où cela est possible, rendre l’intégration des partenaires quasiment sans friction et concentrer la valeur ajoutée des prestataires de services sur la validation, l’observabilité, les API, la gestion du cycle de vie et la sémantique métier.
Participez à la discussion. Ce sont précisément les questions que nous explorerons lors de l’European E-Invoicing Exchange Summit, à Berlin le 2 octobre, où Mathieu Pasture animera une table ronde consacrée à ce sujet.
Si vous y participez, venez nous rencontrer. Nous serions ravis de poursuivre la discussion en personne.