dokapi logo alabasterdokapi logo alabaster

Réforme de la facturation électronique en France

Publié le
September 28, 2026
Écrit par
Fairouz Ben Guirat

Si votre entreprise possède un numéro de TVA français mais n'a pas d'établissement stable en France, vous avez probablement entendu parler de la réforme de la facturation électronique en pensant qu'elle ne vous concernait pas. Cette supposition n'est que partiellement exacte, et la partie erronée pourrait vous coûter cher.

Qu'est-ce que l'e-reporting ?

L'e-reporting est un dispositif fiscal obligatoire qui impose aux entreprises de transmettre par voie électronique à l'administration fiscale française (DGFiP) des données relatives aux transactions et aux paiements pour les opérations commerciales qui ne relèvent pas de la facturation électronique domestique.

Facturation électronique vs e-reporting : deux obligations distinctes

La facturation électronique concerne les transactions B2B domestiques entre entreprises établies en France, transmises sous forme de factures électroniques structurées via une plateforme accréditée.

L'e-reporting couvre tout ce qui ne passe pas par ce canal de facturation électronique domestique :

  • Transactions B2C: ventes réalisées auprès de particuliers ou d'entités exonérées de TVA
  • Transactions transfrontalières: ventes ou achats B2B et B2C internationaux impliquant des entités étrangères
  • Données de paiement: suivi de l'exigibilité de la TVA lors de l'encaissement ou de la prestation de services, plutôt que lors de la livraison des biens

Fonctionnement

Les entreprises compilent leurs ventes, détails de transactions ou enregistrements de paiements via leur logiciel comptable ou leur ERP. Ces données doivent être transmises via un intermédiaire accrédité, la Plateforme de Dématérialisation Partenaire (PDP), plutôt que déclarées manuellement. La plateforme valide le format des données et transmet les informations requises de manière sécurisée à l'administration fiscale française, permettant ainsi à cette dernière de contrôler la TVA et de préremplir les déclarations fiscales.

Entreprises étrangères sans établissement en France : exonérées de l'une, soumises à l'autre

Pour les entreprises étrangères immatriculées à la TVA en France mais dépourvues d'établissement physique permanent, la réforme établit une distinction cruciale : vous êtes exonéré de l'obligation de facturation électronique B2B domestique, mais vous pouvez être fortement impacté par les obligations d'e-reporting.

Le simple fait de détenir un numéro de TVA français ne signifie pas que vous êtes « établi » en France. En l'absence d'établissement, vos flux de transactions doivent être examinés au cas par cas.

Dans quels cas l'e-reporting s'applique aux entreprises étrangères

Si votre entreprise est redevable de la TVA française sur une opération spécifique, vous devez transmettre les données de cette transaction à la DGFiP. Voici les cas les plus fréquents :

  • Autoliquidation par l'acheteur: lorsque vous achetez des biens ou des services hors de France et que vous êtes redevable de la TVA française via le mécanisme d'autoliquidation. C'est l'obligation la plus souvent oubliée par les équipes achats étrangères.
  • Acquisitions intracommunautaires: achat et transfert de biens vers la France depuis un autre pays de l'UE.
  • Ventes B2C en France: ventes aux consommateurs français, sauf si elles sont déjà traitées et déclarées via le guichet unique européen (OSS), auquel cas elles sont exonérées.
  • Ventes B2B domestiques en France: ventes réalisées sur le territoire français lorsque l'autoliquidation standard ne s'applique pas.

Ce que vous n'avez PAS à faire

  • Pas d'émission de factures électroniques: pour les factures transfrontalières, vous n'êtes pas tenu d'émettre une facture électronique structurée conforme aux normes françaises à vos clients internationaux. Cela dit, l'envoi via Peppol mérite d'être envisagé, même si ce n'est pas obligatoire. Il permet de transmettre la facture dans un format standardisé et lisible par machine que le système de votre client peut traiter automatiquement, réduit la saisie manuelle et les erreurs des deux côtés, vous offre une confirmation de réception au lieu de l'incertitude, et réutilise les mêmes données structurées que celles dont vous avez déjà besoin pour votre obligation d'e-reporting auprès de la DGFiP.
  • Pas de plateforme de réception de factures électroniques: la DGFiP a décidé que les entreprises non établies en France n'ont pas besoin de s'inscrire sur une plateforme de réception uniquement pour recevoir des factures électroniques. En effet, les entreprises sans numéro SIREN ou SIRET ne sont pas inscrites dans l'Annuaire, et l'obligation de facturation électronique, tant pour la réception que pour l'émission de factures structurées, ne s'applique qu'aux entreprises qui y figurent. Sans SIREN/SIRET, vous sortez tout simplement du champ d'application, dans les deux sens.

Calendrier de l'e-reporting

Le déploiement suit la réforme française plus large du contrôle continu des transactions :

  • 1er septembre 2026: Les grandes entreprises et les ETI commencent leurs obligations d'e-reporting, qu'elles soient établies en France ou non, dès lors qu'elles possèdent un numéro de TVA français et agissent en tant que vendeur ou fournisseur.
  • 1er septembre 2027Les PME et micro-entreprises entament leurs obligations d'e-reporting. Cette date s'applique également à toute entreprise, quelle que soit sa taille, agissant en tant qu'acheteur ou client redevable de la TVA française : achats en autoliquidation et acquisitions intracommunautaires.

Pour rappel, les catégories de taille officielles françaises (Décret n° 2008-1354) définissent une ETI comme une entreprise comptant moins de 5 000 salariés, avec un chiffre d'affaires annuel inférieur à 1,5 milliard d'euros ou un total de bilan inférieur à 2 milliards d'euros. Une grande entreprise est toute société qui n'entre pas dans les catégories ETI, PME ou micro-entreprise, soit, en pratique, celle qui dépasse ces seuils d'ETI.

Deux points de rejet possibles pour un e-reporting

Soumettre des données à la plateforme de dématérialisation partenaire (PDP) ne garantit pas qu'elles atteignent l'administration fiscale, et leur réception par l'administration ne garantit pas leur acceptation. La PDP valide d'abord le format des données ; si elles ne sont pas conformes, la PDP les rejette avant même toute transmission. Une fois transmises, l'administration fiscale effectue ses propres contrôles et peut également rejeter un e-reporting. Comme le rejet peut survenir à l'une ou l'autre de ces étapes, les entreprises doivent suivre activement le statut de chaque e-reporting plutôt que de supposer que soumission équivaut à conformité.

Dokapi vous permet de suivre ce statut directement, que l'e-reporting soit accepté ou rejeté, via une intégration API ou un portail dédié.

Fréquences de transmission

Une fois que vous êtes concerné, la fréquence de vos déclarations dépend de votre régime de TVA et non d'une échéance universelle unique.

Régime de TVA Données de transaction Données de paiement
Régime réel normal Déclarants mensuels 3 fois par mois, par période de 10 jours (du 1er au 10, du 11 au 20, du 21 à la fin du mois) — au plus tard 10 jours après la fin de chaque période (le 20, le 30, le 10 du mois suivant) Chaque mois, avant le 10 du mois suivant
Régime réel normal Option trimestrielle ·
TVA due < 4 000 €/an
Chaque mois, avant le 10 du mois suivant Chaque mois, avant le 10 du mois suivant
Régime simplifié
d'imposition
Chaque mois, échéance entre le 25 et le 30 du mois suivant Chaque mois, échéance entre le 25 et le 30 du mois suivant
Franchise en base
de TVA
Tous les deux mois (janv./févr., mars/avr. …), échéance entre le 25 et le 30 du mois suivant la période Tous les deux mois, même échéance

‍

Que faire en cas de problème technique lors de la transmission des données ?

L'obligation ne s'interrompt pas parce que vos systèmes sont en panne. Si vous êtes soumis à l'obligation de transmission d'e-reporting à partir du 1er septembre 2026 et que vous rencontrez une difficulté technique, vous ne devez pas suspendre votre activité commerciale ni interrompre les opérations concernées.

Ce que l'administration attend de vous :

  • identifier la source de la difficulté et la dater
  • contacter votre plateforme, votre éditeur de logiciel ou votre prestataire de services
  • conserver les messages d'erreur et les échanges avec votre prestataire comme preuve
  • continuer à collecter les données devant être transmises, même tant que le problème n'est pas résolu
  • transmettre l'ensemble des données dès que le canal est rétabli, dans les meilleurs délais

En cas de problème temporaire, la logique est celle d'une régularisation rapide : ce qui vous protège, ce n'est pas un historique de disponibilité sans faille, mais la capacité à démontrer que le retard provient d'un incident réel et non d'une absence d'effort de mise en conformité. Et si vous ne pouvez pas régulariser rapidement, vous devez tout de même être en mesure de démontrer une démarche active vers la conformité pour la suite.

‍

Dokapi est un point d'accès Peppol certifié et une Plateforme de Dématérialisation Partenaire (PDP), accompagnant la mise en conformité pour la facturation électronique et l'e-reporting en France, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique et au Luxembourg. Si votre entreprise est soumise à l'obligation d'e-reporting à compter de septembre 2026, contactez-nous. Nous serons ravis de vous aider.

‍

Note: 

Toutes les exigences sont susceptibles d'être modifiées. Nous vous recommandons de toujours vérifier les dernières mises à jour sur le site officiel de l'administration fiscale française (DGFiP). Cet aperçu présente les règles générales et ne constitue pas un conseil fiscal adapté à votre situation. Le statut de votre établissement, sa catégorie de taille et le traitement de vos flux individuels doivent être confirmés avec votre conseiller fiscal.

‍